De Saint Maximin à la grotte de la Sainte Baume : le Chemin des Roys

Il s’agit de l’itinéraire classique qu’empruntaient à partir de Nans les Pins, rois, reines, papes, simples pèlerins pour se rendre à la Sainte Baume après être allés s’incliner sur la tombe de Marie-Madeleine à Saint Maximin.

Marie-Madeleine
Selon la tradition chrétienne, la Sainte Baume ne fut qu’une étape pour Marie-Madeleine. Après avoir débarqué aux Saintes-Maries-de-la-Mer avec ses compagnons d’exil, elle se lance dans une mission d’évangélisation à travers toute la Provence.

Marie-Madeleine aurait aspiré à une existence plus paisible en se retirant dans la grotte de la montagne de la Sainte Baume, au cœur de l’ancienne forêt sacrée. Elle y aurait passé les trente dernières années de sa vie, en pénitence et dans une profonde méditation. Selon la légende dorée de Voragine, Marie-Madeleine était « emportée dans le ciel sur les ailes des anges chaque jour aux sept heures canoniques et recevait une nourriture céleste sous la forme d’hostie de communion, rendant inutile toute autre alimentation ».

A sa mort, Maximin compagnon d’exil de Marie-Madeleine, l’aurait ensevelie à Villalata (qui prendra plus tard le nom
de Saint Maximin) dans un sarcophage  de marbre et fait dresser sur sa tombe un oratoire. Maximin et Sidoine seront enterrés à ses côtés.

La naissance du pèlerinage
Au IVe et Ve siècle, Age d’or du Christianisme en Provence, le pèlerinage à Marie-Madeleine prend de l’ampleur, Villalata s’agrandit et devient le bourg de Saint Maximin. En 415, les moines cassianites de l’abbaye Saint Victor de Marseille, envoyés par Jean Cassien, s’installent à Saint Maximin, où ils édifient un petit prieuré, et à la grotte de la Sainte Baume qui prend le titre de « Santa Maria Balmae ». En 716, durant les invasions sarrasines, afin de protéger les reliques de Marie-Madeleine, les cassianites les transfèrent dans le sarcophage de Sidoine et ensablent la chapelle dont ils ont la garde pour éviter la profanation des tombes. Du VIIIe à la fin du Xe siècle, les troubles et les ravages causés par les Sarrasins font décliner le pèlerinage en Provence. 

Au XIe siècle, les cassianites passent sous la règle de Saint-Benoit. Dans le grand renouveau de l’Eglise et de la Chrétienté, le pèlerinage à la Sainte Baume va s’intensifier. Les premiers pèlerins affluent. Saint Louis  au retour de la 7e croisade s’y rendra en 1254.

L'invention des reliques et l'apogée du pèlerinage au XIIIe siècle.
Le pèlerinage prend une autre ampleur le 9 décembre 1279 quand Charles II d'Anjou, prince de Salerne cherchant le tombeau de Marie-Madeleine, trouve ses ossements dans un sarcophage. Après la découverte des reliques à Saint Maximin, Charles II fait réaliser divers reliquaires pour les contenir. Il décide la construction  de la basilique actuelle et de son couvent, considérant que l’église primitive n’est pas assez imposante pour détenir le dépôt sacré. Il en confie la garde aux religieux de l'ordre de Saint-Dominique. 

En 1295, le pape Boniface VIII édicte quatre bulles établissant vingt frères prêcheurs de l'ordre de Saint- Dominique à Saint Maximin et quatre au lieu dit de la Baume. Les dominicains prennent possession officielle de la Sainte Baume le 21 juin 1295 et s'installent à la grotte. 

La découverte des reliques de Marie-Madeleine fait grand bruit dans le monde chrétien et amènera par la suite de nombreux pèlerins à Saint Maximin et à la Sainte Baume. C’est l’apogée du pèlerinage. 

Après avoir vénéré les reliques de Marie-Madeleine à Saint Maximin, les pèlerins empruntaient le Chemin des Roys passant par Nans pour arriver à la Sainte Baume. Rois, reines, princes, papes, poètes ou simples pèlerins se succèderont durant des siècles, attestant la vigueur du pèlerinage à Marie-Madeleine, et faisant de la basilique de Saint Maximin le 3e Tombeau de la Chrétienté.